vendredi 17 décembre 2010

L'art abstrait


L'art abstrait est une forme d'art qui essaie de représenter le monde sensible. La peinture peut se passer de modèle et n'est pas fiddèle à la réalité visuelle.

Wassily Kandinsky est le fondateur de l'art abstrait. Il a peint sa première aquarelle abstraite Sans titre en 1910. Selon le philosophe Michel Henry, « Kandinsky appelle abstrait le contenu que la peinture doit exprimer, soit cette vie invisible que nous sommes. » (Voir l’invisible)

Les origines de l'art abstrait

Dans les années précédant la Première Guerre mondiale, plusieurs variétés d'art abstrait émergèrent dans différents contextes, comme le cubisme ou le futurisme. L'art abstrait nait à Paris, où Robert Delaunay exposa ses oeuvres cubistes prismatiques, en Allemagne et en Russie.
Les avancées scientifiques ont beaucoup influencés les artistes. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’optique fait d’importants progrès et distingue deux étapes dans la vision : l'uimpression et la sensation. Les « impressionnistes » ont tenté de rendre l’impression que leur faisait la nature. Frantisek Kupka, pionnier de l’abstraction en peinture, a rapidement saisi l’impact de cette nouvelle conception de la vision sur la finalité de l’art, jusqu’alors perçue comme une imitation de la nature. Les « sensations » du peintre s’inscrivent maintenant en priorité dans sa vision. Kupka s’intéresse à l’aspect psychophysique des couleurs : « il nous semble donc plus opportun de considérer et d’interroger les sensations de lumière, de caractère et de valeur différentes, en tant qu’elles suscitent en nous des états d’âme ».
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Kupka, Fugue à deux couleurs.
Les avancées dans le domaine à la fois de la lumière et du son, ont aussi influencé l'art. La “color music” est alors inventée. Elle correspond à un spectacle son et lumière actuel, et est compsée d'une projection de lumière colorée accompagnée d'un fond muscial. Wallace Rimington, un des inventeur de la color music, écrit : « En peinture, la couleur a seulement été utilisée comme l’un des éléments de l’image. Nous n’avons pas encore eu d’images dans lesquelles il n’y ait ni forme, ni sujet, mais seulement la pure couleur » A cette époque, ses concerts de« color music » eurent du succès. Il n’est donc pas étonnant de trouver un article publié en 1908 portant le titre « Les lois d’harmonie de la Peinture et de la Musique sont les mêmes » (Henri Rovel), Son contenu, dans l’esprit de la musique chromatique, aura une grande influence sur  Kandinsky, Larionov et Kupka.  
En adoptant cette nouvelle vision du monde, l’artiste ne va plus tenter de le reproduire en l’imitant. Il va surtout s’inspirer de ses sensations, visuelles et acoustiques, pour en donner une vision intérieure plus conforme aux nouvelles données scientifiques.  Kandinsky écrira« Pensez à la part musicale que prendra désormais la couleur dans la peinture moderne. La couleur qui est vibration de même que la musique est à même d’atteindre ce qu’il y a de plus général et partant de plus vague dans la nature : sa force intérieure. » L’accent est donc mis sur une fonction émotionnelle de la couleur identique à la fonction émotionnelle de la musique.
Il peut considérer qu'il y a trois fondateurs de l'art abstrait:
- Wassily Kandinsky, considéré comme l'initiateurs de l'art abstrait. Ses oeuvres du début des années 1910, à Munich, emploient un éventail impressionnant de couleurs et de techniques picturales. Dans les écrits de Kandinsky, celui-ci annonce clairement avoir abandonné les apparences extérieurs dans l'espoir de pouvoir communiquer plus directement les sentiments au spectateur. Kandinsky considérait que les couleurs et les formes pouvaient communiquer des vérités spirituelles, cachées derrière les apparences quotidiennes et qui sont difficiles à décrire par les mots. Il voyait même des correspondances entre la musique et la peinture. “La couleur est le clavier. L'oeil est le marteau. L'âme est le piano, avec ces nombreuses cordes. L'artiste est la main qui fait résolument vibrer l'âme au moyen de telle ou telle touche.”
- Piet Mondrian

- Piet Mondrian
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- Kasimir Malevitch, qui a recherché la simplification extrême aboutissant au fameux « Carré Noir sur Fond Blanc ». Malevitch peignait des arrangements de formes abstraites qui semblent suspendue dans l'espace, mais la géometrie rigide d'un tableau tel que“Rectangle noir suprématiste” contraste nettement avec l'aspect relâché des oeuvres de Kandinsky et montre qu'il a foi dans le progrès technique plutôt que dans un monde évoquant la nature. Malevitch, comme Kandinsky, considérait les couleurs comme des sentiments et les peignait flottant à travers des surfaces blanches qui, pour lui, représentaient le vide. Ses carrés et ses rectangles étaient de nouveaux symboles, en rupture avec les outils picturaux du passé,  pour une nouvelle réalité spirituelle.
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Pour ces trois fondateurs le passage de la figuration à l’abstraction s’est opéré assez lentement entre 1910 et 1917. L’abstraction n’a pas été une révélation isolée, elle fait partie d'un contexte global extraordinairement créatif, avec le cubisme, le rayonnisme, le futurisme.
L'art abstrait reste malheureusement la forme d'art la plus mal acceptée par le public, car un tel tableau ne “représente” rien, ce qui parfois choque le goût, les habitudes. Une œuvre abstraite doit en effet s’aborder dans un esprit différent des œuvres figuratives.

Peintres abstraits

- Roberto Soler
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- Jean Gorin
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- Wassily Kandinsky
- Kasimir Malevitch
- Piet Mondrian
- Paul Klee
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- Englebert Van Anderlecht
- Pablo Picasso
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- Salvador Dali
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- Mark Rothko
- Frantisek Kupka

jeudi 16 décembre 2010

Le classicisme

Naissance d’une notion

Le  terme « classique » apparaît à  la Renaissance et
désigne, par opposition à l’art gothique, une esthétique
définie d'après  le modèle antique gréco-romain. A  la
fin  du XIXe  siècle,  ce  sont  les  historiens  de  l'Art  qui
donnent son sens actuel à la notion de « classicisme »
pour définir ce courant qui s'est développé à partir de
la  fin  du  cinquecento dans  les  arts  plastiques,
l'architecture,  la  littérature  et  la  philosophie,  et  pour
l’opposer au « baroque ».
En fait, l’art classique du XVIIe siècle se place dans la
continuité  de  l’art  de  la  Renaissance.  Ses  maîtres
mots  sont  toujours  la  recherche  de  l’harmonie
mathématique, du style antique, de l’observation de la
nature,  de  l’art  de  la  perspective,  du  modelé  et  de
l'anatomie. Néanmoins, en réaction au baroque, autre
style  issu de  la Renaissance,  les artistes mettent au
premier  plan  de  leur  idéal  de  beauté,  l’ordre  et  la
symétrie.
Développée  en  France  sous  les  ministères  de
Richelieu  (1624-1642)  et  de  Mazarin  (1642-1661),
l’esthétique classique atteint son apogée sous le règne
de Louis XIV dont elle servira l’image de puissance et
d’autorité


La peinture classique

Elle développe des sujets nobles – à  la gloire de
l'action humaine,  issus de  la mythologie grecque,
de  la Bible ou de  la poésie bucolique  latine. Ces
sujets  qui  exaltent  les  sentiments  (Jugement  de
Salomon, Mas-sacre des  Innocents par exemple)
font  appel  à  une  figuration  dominée  par  une
gestuelle savamment organisée, par l'expressivité
des visages et par  la mise en place de paysages
historiques  composés  avec  rigueur.  Ponctué  de
constructions  ou  de  ruines  antiques,  organisé
selon les règles de la perspective, le paysage sert
de  décor  aux  scènes  pastorales,  aux  thèmes
historiques ou mythologiques et exprime  la  force
immuable  de  la  nature  face  à  la  fragilité  des
destinées humaines,  illustrée notamment par  les
peintures de « vanités ».

Le réalisme


Le réalisme est un mouvement artistique du xixe siècle qui se déroule environ de 1830 à 1870. Il fait la transition entre le romantisme et l'impressionnisme. Il étudie la réalité dans son authenticité.
La révolution de Juillet contre la Seconde Restauration a des répercussions dans le domaine artistique : les conventions néoclassiquesalors en vigueur sont rejetées et le réalisme s'affirme. Là où le néoclassicisme se référait à la pensée antique d'un idéal parfait, équilibré, mesuré, le réalisme veut montrer ce qu'il représente de manière objective. On peut rapprocher cette pensée des avancées techniques qui avaient alors lieu lors de la Révolution industrielle. Appliquant une méthode dérivée de la méthode scientifique, l'artiste s'attache alors à représenter ce qu'il voit et non plus des sujets académiques. Les paysans ou les gens du peuple deviennent des sujets de tableaux.
Il y a trois peintres fondamentaux : Jean-Baptiste Corot, Gustave Courbet et Jean-François Millet, dont Champfleury défendra l'esthétique.
  • Jean-Baptiste Corot, né en 1796, fils de commerçant que rien ne prédestinait à la peinture, il fut inspiré par Nicolas Poussin et cherchera constamment son inspiration dans la nature, non pas la nature consolatrice du romantisme, car la sentimentalité laisse les réalistes indifférents, mais dans la nature telle qu'elle est.
  • Gustave Courbet, né en 1819 à Ornans. On lui reprochait à l'époque de peindre comme un paysan « Courbet peint comme un paysan laboure », disaient les critiques de l'époque. Courbet adhère aux idées de Proudhon et participe à la Commune de Paris après l'écrasement de laquelle il est contraint de s'exiler en Suisse. Courbet est un des artistes les plus représentatifs du réalisme.
  • Jean-François Millet, né en 1814, fils de fermier, part à Cherbourg à l'âge de 18 ans pour apprendre la peinture. En 1837 il rentre aux Beaux-arts. Ne gagnant pas le prix de Rome, il quitte l'école et s'installe à Barbizon jusqu'à sa mort. Millet est le peintre de la vie paysanne.


Impressionnisme

L'impressionnisme est un mouvement pictural français né de l'association de quelques artistes de la seconde moitié du xixe siècle. Fortement critiqué à ses débuts, ce mouvement se manifesta notamment de 1874 à 1886 par huit expositions publiques à Paris, et marqua la rupture de l'art moderne avec l'académisme. L'impressionnisme est notamment caractérisé par une tendance à noter les impressions fugitives, la mobilité des phénomènes, plutôt que l'aspect stable et conceptuel des choses, et à les reporter directement sur la toile. L'impressionnisme eut une grande influence sur l'art de cette époque, la peinture bien sûr, mais aussi la littérature et la musique
.
Impression, soleil levant de Claude Monet qui a donné son nom à l'impressionnisme

Peinture expressionniste

L'expressionnisme est un mouvement artistique apparu au début du xxe siècle, en Europe du Nord, particulièrement en Allemagne. L'expressionnisme a touché de multiples domaines artistiques : la peinture, l'architecture, la littérature, le théâtre, le cinéma, la musique,la danse, etc. Survivant jusqu'à l'avènement du régime nazi, l'expressionnisme est condamné par celui-ci qui le considère comme « dégénéré ».
                
                 Franz Marc : Die großen blauen Pferde(1911)
Description 
L'expressionnisme est la projection d'une subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité expressive. Celles-ci sont le reflet de la vision pessimiste que les expressionnistes ont de leur époque, hantée par la menace de la Première Guerre mondiale. Les œuvres expressionnistes mettent souvent en scène des symboles, influencées par la psychanalyse naissante et les recherches du symbolisme.
Au début du xxe siècle, ce mouvement profondément ancré dans l'Europe du Nord (en particulier l'Allemagne) est une réaction à l'impressionnisme français. Alors que l'impressionnisme est encore à décrire la réalité physique, l'expressionnisme allemand lui ne s'attache plus à cette réalité et la soumet aux états d'âme de l'artiste.
L'expressionnisme rompt aussi avec l'impressionnisme à travers une forme très agressive : des couleurs violentes, des lignes acérées. Il s'inscrit alors dans la continuité du fauvisme qui commence à s'épuiser et dont les principaux représentants s'éloignent plus ou moins brutalement : Matisse, Marquet, Van Dongen, Braque, Derain, Friesz et Vlaminck. Pour autant l'expressionnisme n'est pas vraiment un mouvement ou une école mais davantage une réaction contre l'académisme et la société. Les artistes expressionnistes resteront souvent isolés.
Le Cri du peintre Edvard Munch est l'un des plus représentatifs et célèbres tableaux expressionnistes.

Peinture pointilliste


Le néo-impressionnisme, ou divisionnisme, ou encore pointillisme, désigne un grand courant pictural.
C'est Georges SEURAT, mort à 32 ans, qui est, malgré sa courte carrière, à l'initiative de cette technique qui consiste à poser côte à côte, sur la toile et sans les mélanger, des pigments de couleurs purs, en petites touches.
Cette juxtaposition de couleurs différentes produit à distance la vision uniforme d'une seule couleur, sur le principe du mélange optique.
G.SEURATG.SEURAT
                                        H-E.CROSS                                      P.SIGNAC
P.SIGNACH-E.CROSS

Sur les traces de Georges SEURAT, Paul SIGNAC, Camille PISSARO et Henri-Edmond CROSS, j'ai découvert Eugène BEGARAT et surtout HAUREL qui poursuivent encore aujourd'hui cette recherche de la lumière et de ses variations au travers de leurs petites touches de peinture.
Eugène BEGARAT
HAUREL nous donne une vue colorée et raffinée de la nature, chaque motif se pare d'une lumière étrange, d'une beauté presque irréelle, qui génère pourtant une impression de calme et de sérénité.



Peinture au couteau, étape par étape



 (les photographies ci-dessous sont issues du site les arts pigmentés.Nous les reproduisons avec l'aimable autorisation de leur auteur).


Etape 1

Pour le côté pratique, surtout pour la peinture en extérieur, je pose le contenu de mes tubes sur des assiettes en plastique. Selon le rendu final que je souhaite, j’y rajoute des médiums, comme l’huile de carthame. Ils me permettent d'avoir de la texture et un empâtement assez épais pour un rendu brillant.
Je commence par peindre le contour de la poterie et la remplis au fur et à mesure. J'y apporte le volume par les couleurs que j'y appose et superpose. Je reste aussi attentive à la direction de la lumière: dans cette exemple, elle vient de gauche.
J'emplis mon couteau et ma spatule de matière que j'étends sur la toile. Pour la technique de la peinture au couteau c'est à chacun de trouver sa propre écriture: seul l'entraînement permet sa bonne maîtrise.
La première étape consiste à déterminer le sujet à traiter. Il peut s'agir d'un paysage, d'une scène de genre, d'une nature morte. Dans cet exemple, il s'agit d'un bouquet de fleurs. Je choisis ensuite le format de la toile en fonction du thème à traiter ; c'est un élément très important.
Sur cette photo, je suis en train de constituer une première ébauche, sans aucune précision ni détail, sur une toile préalablement peinte à l'acrylique pour préparer le support de la toile. Dans cet exemple, il s'agit en effet d'une toile à l'huile.

Etape 2
Si le support n'est pas bien préparé, l'huile n'accrochera pas dans le temps et risque de s'écailler.
En ce qui me concerne, j'utilise toujours un enduit de couleur très fonçé pour obtenir un rendu lumineux.
Etape 3
Je reste toujours attentive à l'ombre et à la lumière. Plus l'on démarre foncé, plus le résultat final sera lumineux.




 Etape 4
La poterie est pratiquement finie, mais ensuite, j'y reviens pour les finitions et y poser des jais de lumière pour avoir de beaux reflets.




 Etape 5
J'entame le fond de toile.


Etape 6
Attaquons l'arrière plan, tout aussi important que le sujet principal, car c'est lui qui mettra en valeur la poterie.
Il faut ici bien définir ses couleurs et garder en vue l'ombre et lumière...
























Etape 7
Lorsque le fond de toile commence à rendre l'atmosphère souhaitée, cela nous donne une indication pour la construction du bouquet et du choix des couleurs, définies dans l'instantanéité et la spontanéité.
Pour moi, c'est la cerise sur le gâteau, une partie de la finition.

Je débute une mise en forme et une ébauche de la forme des fleurs, tiges et feuilles...
En gardant pour idée: mouvement, et la course folle commence, car le trait se fait de plus en plus rapide, concis, et le geste imprécis, pas de réflexion, et on se laisse aller pour un rendu malgré tout équilibré et vivifiant.

Etape 8
Je travaille sur le socle du bouquet, en y laissant de la place pour les feuilles et fleurs tombées.
Cette partie reste pour la fin pour éviter de se salir les coudes.

Etape 9
Résultat final: laissez sécher au moins une semaine avant de revenir dessus.












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